LIFT du Canada est bien plus qu'un nouveau programme de financement. Il s'agit aussi d'une opportunité inspirante d’apprentissage et d’action collective à impact systémique par la coopération internationale pour des petites et moyennes organisations du Canada dans le monde.
Mise en œuvre par le Réseau de coordination des conseils (RCC), cette initiative financée par Affaires mondiales Canada valorise des approches inclusives, environnementales et des valeurs basées sur l’égalité des genres.
Grâce à l’expertise de l’équipe du programme, des ressources seront développées afin de répondre aux défis et réalités des PMO canadiennes et de leurs partenaires. De plus, les projets sélectionnés intégreront une composante d’engagement du public au Canada ou de coopération internationale. Dans l’équipe de LIFT du Canada, Dil Rajarathna est la Spécialiste, Genre et Inclusion. Elle accompagne les organisations dans leur mise en pratique de la Prévention de protection de l'exploitation, de l’abus et du harcèlement sexuels.
Quel est le rôle de la Politique de prévention PEAHS dans le programme LIFT du Canada ?
C'est un cadre de bonnes pratiques élaboré spécialement pour aider les organisations à prévenir et intervenir lors d’incidents pouvant survenir durant leur projet. L’application de la PEAHS protège la dignité et les droits de chaque partie prenante et membre d’une communauté en veillant à ce que les rapports soient basés sur la confiance et non le pouvoir. Il faut anticiper tout risque d’abus. Cette politique inspire à la création d’environnements sûrs, inclusifs et éthiques. Pour être éligible au programme LIFT du Canada, chaque partenaire canadien et international doit adopter une approche PEAHS. Notre travail consiste donc à conseiller sur les bonnes pratiques pour la sécurité et le bien-être de tous et toutes.
En quoi cette politique s'inscrit-elle dans une optique de décolonisation des pratiques de protection qui ont cours dans le domaine de la coopération internationale ?
La coopération internationale repose sur la confiance entre bailleurs de fonds, organisations, communautés et personnel. Ces relations peuvent parfois être inégales, alors il est essentiel de s’assurer qu’elles ne causent aucun préjudice.
Il importe d’identifier et de remédier à ces déséquilibres par une politique inclusive en matière de PEAHS. Elle encourage l’adoption de mesures dans le respect des cultures locales et implique les communautés dans l’élaboration et le processus décisionnel. Cela garantit que les partenaires et les membres des communautés soient entendus.
La PEAHS sera au cœur du programme. Quel est le principal défi à sa mise en œuvre au niveau international ?
D’abord, les personnes survivantes aux violences et traumatismes peuvent craindre l’effet de stigmatisation, des représailles ou la perte d’accès aux services. Les organisations ici comme à l’international disposent de ressources et capacités de protection limitées. Parmi les défis à anticiper, il y a les normes sociales, les rapports de force inégaux et les obstacles au signalement des incidents. De plus, les politiques élaborées en dehors du contexte local risquent de ne pas correspondre aux réalités locales. Une initiative solidaire nécessite l’engagement de la communauté, des actions de sensibilisation et des mécanismes de signalement fiables, adaptés aux contextes locaux.
Comment le programme garantira-t-il l’adoption de pratiques de prévention, de juste partage du pouvoir et d’équité ?
En renforçant la protection à plusieurs niveaux. En premier lieu, avec des codes de conduite clairs, des formations obligatoires, des mesures d'atténuation des risques, des canaux de signalement confidentiels et des mécanismes de reddition de compte. Puis par des rapports qui mettent l'accent sur un comportement éthique. Sans oublier d’être vigilant face aux abus d'autorité et en protégeant les groupes vulnérables contre l'exploitation.
Quel serait votre plus grand accomplissement en égalité des genres ?
Entendre davantage les femmes, les filles et les groupes marginalisés et les voir accéder à plus de pouvoir de décision. L’égalité entre les femmes et les hommes et l’inclusion sociale influencent la prévention de l’exploitation sexuelle, des abus et de la violence. J’espère qu’ensemble, nous allons contribuer à créer des environnements inclusifs où les droits sont respectés et les opportunités équitables.
L’impact viendra des partenaires internationaux dans leur intégration des dimensions d'égalité des genres et de protection au travail. Tout repose sur une participation significative de chaque partie prenante et la pérennisation des changements au-delà du projet.
LIFT du Canada accompagne les partenaires canadiens et internationaux à créer ensemble une approche. Que votre projet soit financé par le programme LIFT du Canada ou un autre fonds, l'élaboration et la mise en œuvre d'une approche PEAHS constitue une bonne pratique pour la sécurité, l'inclusion et des résultats positifs. Elle nous concerne toutes et tous.
Consultez ce Guide pratique de l'Alliance CHS sur la Prévention de l'Exploitation et des Abus Sexuels.